Billet de voyage : de retour de Géorgie 1


De retour de Géorgie…

Photo Novo Monde
Photo Novo Monde

Je passe devant les terrasses des cafés d’un quartier central de la capitale, Tbilissi. Bon standing, décor contemporain ou original sans être luxueux. Tiens, que des femmes, presque toutes apparemment de 20 à 30 ans et assez élégantes ! Je jette un coup d’œil dans les salles : c’est pareil. Je finis par me renseigner :  « Les hommes vont boire la bière de leur côté dans des établissements plus traditionnels, et les femmes s’offrent une sortie entre copines dans des endroits plus raffinés ».

Bon, la capitale de la Géorgie ne se résume pas à cela. Il y a aussi des mendiants, des personnes un peu âgées et déjà bien fatiguées, des costauds aux mines patibulaires et à barbe noire naissante et des maigrelets qui la laissent pousser pour se donner une contenance, une demi-douzaine d’ouvriers, et leur chef très occupés à ne rien faire autour d’un seul qui active sa pelle. Bref des indices de sous-développement, recoupés par le très bas prix des biens et services courants (1,5 € le menu type Macdo).

Le progrès semble néanmoins en route avec un réseau routier partiellement modernisé, la multiplication des bâtiments récents, du plus banal au très réussi et des aménagements urbains astucieux. On peut aussi admirer avec perplexité la rénovation des bâtiments « typiques » mélangeant tous les styles possibles de l’Orient et de l’Occident, et souvent rouges, dorés ou bruns. Par contre la période soviétique de l’avant-guerre a laissé des bâtiments convenables, la Géorgie ayant échappé de justesse aux destructions de la Deuxième Guerre mondiale. Enfin et surtout, les modestes basiliques sont omniprésentes, mais souvent usées par le temps.

Car un des piliers du pays est son christianisme très ancien. Un juif du pays aurait même été convoqué au procès de Jésus, et en aurait ramené la chemise du supplicié. On ne peut faire mieux comme ancienneté ! Les historiens rajoutent que c’est l’adoption du christianisme par l’Empire romain (dont la Géorgie fut la pointe nord-est) qui le généralisa, comme simultanément en Gaule et ailleurs.

Mais tout cela, c’était hier, car le pays est fier de son histoire des 2 à 4 000 années précédentes : « Nous sommes les premiers Européens ; la frontière entre l’Europe et d’Asie ne passe pas par où vous pensez ».

Le deuxième pilier du pays est sa langue unique (peut-être apparentée au basque) et son alphabet spécifique que personne ne connaît à l’extérieur. La quasi-totalité des enseignes et indications sont en alphabet géorgien, hors de quelques rues touristiques ou « mondialisées », donc totalement illisibles pour tout étranger. Mais ce n’est pas un obstacle, la gentillesse générale y palliant largement.

Par contre, je ne vous ai pas parlé d’un point crucial : l’ombre menaçante de la Russie. Si cela vous intéresse, poursuivez la lecture en cliquant ici.

Yves Montenay
http://yvesmontenay.fr
@ymontenay


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